Choisir un clavier maître 61 touches pour son home studio relève souvent du casse-tête. Entre les modèles entrée de gamme trop limités et les contrôleurs haut de gamme hors de prix, difficile de trouver le bon compromis. Le M-Audio Oxygen Pro 61 promet justement de combler ce vide avec ses 61 touches semi-lestées, son aftertouch, ses 16 pads RGB et son intégration Native Kontrol Standard (NKS) – le tout à un tarif qui oscille entre 200€ et 250€ selon les promos.
Après plusieurs mois d’utilisation intensive en studio avec Logic Pro et Ableton Live, couplé au retour d’expérience de nombreux producteurs français, je peux vous proposer un test complet et honnête de ce contrôleur qui divise autant qu’il séduit. Parce qu’il faut le dire d’emblée : l’Oxygen Pro 61 excelle dans certains domaines tout en déçevant sur d’autres aspects.

Le clavier PrecisionTouch : enfin de l’aftertouch abordable
Commençons par l’élément central de tout contrôleur MIDI : le clavier lui-même. M-Audio équipe l’Oxygen Pro 61 de son nouveau système PrecisionTouch avec touches semi-lestées et aftertouch (pression après enfoncement). Sur le papier, c’est un argument de poids : l’aftertouch reste rare sur les claviers à moins de 300€.
À l’usage, les 61 touches offrent une sensation de jeu agréable pour la production moderne. Le lestage semi-lourd représente un bon compromis : suffisamment de résistance pour un contrôle précis de la vélocité, mais assez léger pour des passages rapides en production électronique ou hip-hop. Rien à voir avec les touches molles des claviers d’entrée de gamme qui donnent une sensation de jouet.
La technologie de scan haute vitesse se ressent vraiment lors des arpèges rapides ou des passages véloces. Le clavier capture fidèlement chaque nuance, même à tempo élevé. C’est particulièrement appréciable quand on enregistre des parties de piano virtuel ou de cordes orchestrales qui nécessitent une dynamique précise.
Concernant l’aftertouch, c’est à la fois une force et une faiblesse. Oui, il est présent, ce qui reste exceptionnel sur cette gamme de prix. Mais plusieurs utilisateurs le confirment : il faut appuyer assez fort pour l’activer. Un testeur français sur Audiofanzine note que « l’aftertouch est un peu loin à aller chercher ». En pratique, ça fonctionne bien pour des effets de vibrato ou de filtre sur des notes tenues, mais ça demande une certaine force de frappe qui peut fatiguer lors de sessions prolongées.
Autre point relevé par plusieurs utilisateurs : les touches sont légèrement bruyantes. Pas dramatique en production solo, mais si vous enregistrez simultanément avec un micro dans la même pièce, le bruit mécanique des touches peut s’entendre. C’est le compromis du semi-lesté à ce prix.

Les 16 pads RGB : beaux mais capricieux
Les 16 pads rétroéclairés RGB constituent l’un des arguments marketing majeurs de l’Oxygen Pro 61. Sensibles à la vélocité et équipés de la fonction Note Repeat, ils promettent une expérience proche des MPC pour la production de beats.
Visuellement, c’est réussi. L’éclairage RGB permet de différencier facilement les banques et les modes (notes, CC, clips). Les couleurs sont vives sans être agressives, et le retour visuel aide vraiment à s’y retrouver dans des sessions complexes.
Malheureusement, c’est sur la sensibilité que le bât blesse. Un utilisateur français d’Audiofanzine qui a testé à la fois l’Oxygen Pro et l’Akai MPD32 souligne que « les pads souffrent des mêmes soucis que les pads que j’avais sur une akai mpd32, c’est à dire qu’ils manquent de sensibilité, ils sont un peu difficiles à enclencher ». Il existe même une astuce consistant à ajouter du scotch électrique entre les capteurs et les pads pour améliorer la réactivité, mais c’est un bidouillage qu’on n’a pas envie de faire sur du matériel neuf.

Comparés aux pads du Native Instruments Maschine ou même du Novation Launchkey (bien que plus petits), ceux de l’Oxygen Pro demandent plus de force pour se déclencher correctement. Pour du finger drumming rapide style hip-hop ou trap, ça limite sérieusement l’expressivité.
La fonction Note Repeat fonctionne bien en mode Latch pour créer des patterns rythmiques répétitifs. Par contre, les pads ne disposent pas d’aftertouch (contrairement aux touches du clavier), ce qui empêche de moduler la vélocité en temps réel pendant le Note Repeat. Dommage pour ceux qui aiment jouer avec les variations dynamiques.
Contrôles et faders : ergonomie réfléchie
Avec ses 9 faders, 8 potentiomètres et 8 boutons assignables, l’Oxygen Pro 61 offre un arsenal de contrôle impressionnant pour son prix. La disposition est intelligente : les faders sont alignés verticalement sur la gauche du clavier, positionnés de manière à rester facilement accessibles pendant qu’on joue.
Les faders glissent correctement et couvrent une plage MIDI complète (0-127). Quelques utilisateurs signalent qu’ils peuvent envoyer des valeurs CC légèrement aléatoires après quelques mois d’utilisation intensive, nécessitant un petit nettoyage. C’est un problème classique sur du matériel à ce prix, mais ça mérite d’être mentionné pour la durabilité à long terme.
Les 8 potentiomètres rotatifs tournent avec une résistance agréable, ni trop durs ni trop souples. Parfaits pour contrôler les filtres de synthés, les paramètres d’effets ou les envois auxiliaires en mixage. Ils sont assignables librement en MIDI CC, ce qui offre une grande flexibilité.
Point négatif soulevé par un testeur français sur Thomann : « les boutons sont fait dans un plastique assez cheap qui ‘claque’ quand on appuie dessus ». C’est vrai que les boutons font un bruit de clic très audible, presque « clicky-clacky » comme le décrit un utilisateur anglophone. Fonctionnellement ça n’impacte rien, mais l’impression de qualité en prend un coup.
L’écran OLED change vraiment la donne par rapport aux anciens Oxygen. Clair et bien lisible, il affiche les valeurs des contrôleurs, les modes actifs, les presets… Plus besoin de regarder son écran d’ordinateur pour savoir quel paramètre on modifie. C’est un vrai plus pour le workflow créatif.
Smart Chord et Smart Scale : des aides créatives bluffantes
M-Audio intègre deux fonctionnalités qui peuvent sembler gadget au premier abord, mais qui se révèlent redoutablement efficaces en production : Smart Chord et Smart Scale.
Le mode Smart Chord permet de jouer des accords complets en appuyant sur une seule touche ou un seul pad. Vous définissez la tonalité, le type d’accord (majeur, mineur, 7ème…) et le voicing, puis chaque touche joue automatiquement l’accord correspondant. Pour les producteurs qui ne sont pas pianistes classiques mais qui veulent créer rapidement des progressions d’accords riches, c’est fantastique.

Le mode Custom de Smart Chord va encore plus loin : vous jouez manuellement la structure d’accord que vous voulez (par exemple 1-b3-5-b7 pour un accord mineur 7), et le clavier assigne automatiquement cette structure à toutes les touches. Résultat : vous pouvez jouer des progressions complexes en utilisant juste votre main droite, pendant que la gauche gère les mélodies ou les contrôleurs.
Le mode Smart Scale élimine carrément le risque de fausses notes. Vous sélectionnez une gamme parmi 16 variations (majeure, mineure naturelle, harmonique, pentatonique…), et seules les notes de cette gamme restent jouables. Impossible de sortir de la tonalité ! Pour l’improvisation rapide ou la recherche de mélodies, c’est ultra-pratique.
Ces modes s’activent et se désactivent facilement via des boutons dédiés. Un reproche cependant : les touches du clavier ne s’illuminent pas pour indiquer quelles notes sont actives en Smart Scale. Ça aurait été le petit plus parfait pour visualiser instantanément la gamme.
Intégration NKS : le partenariat avec Native Instruments
Grande nouveauté depuis le NAMM 2025, l’Oxygen Pro intègre désormais le Native Kontrol Standard (NKS). Concrètement, ça signifie que le clavier est reconnu nativement par les instruments et effets Native Instruments, avec un mapping automatique des contrôles.
Si vous utilisez Kontakt, Massive, Battery ou n’importe quel plugin NKS, les potentiomètres et faders de l’Oxygen Pro se mappent automatiquement aux paramètres les plus importants. Plus besoin de configuration manuelle : vous chargez un preset, et les contrôles sont immédiatement opérationnels. L’écran OLED affiche même les noms des paramètres contrôlés.
M-Audio va plus loin en incluant le choix entre trois bundles Komplete 15 Select : Beats (orienté production hip-hop/R&B), Band (instruments acoustiques échantillonnés) ou Electronic (synthés et sound design). Chaque bundle vaut facilement 100€+ à l’achat séparé, ce qui améliore considérablement le rapport qualité-prix global du package.
Pour les utilisateurs de l’écosystème Native Instruments, cette intégration NKS est un argument massif. Elle place l’Oxygen Pro en concurrence directe avec le Komplete Kontrol A61 de Native Instruments lui-même, mais à un prix généralement inférieur de 100 à 150€.

Auto-mapping DAW : la théorie et la pratique
L’Oxygen Pro 61 se vante d’offrir un auto-mapping avec les principales DAW du marché : Ableton Live, Logic Pro, Cubase, Studio One, FL Studio, Pro Tools… Sur le papier, vous sélectionnez votre DAW sur l’écran OLED, et tous les contrôles se mappent automatiquement.
En pratique, les résultats varient selon les logiciels. Les retours des utilisateurs sont unanimes : l’intégration Ableton Live est excellente. Un testeur confirme : « L’intégration avec Ableton Live est pré-paramétrée, ce qui est appréciable ». Les faders contrôlent les volumes de pistes, les boutons gèrent Record Arm/Solo/Mute, et les pads peuvent lancer des clips. Fluide et intuitif.
Pour Logic Pro, un utilisateur indique que « le clavier est pré-configuré pour une utilisation avec Logic Pro, je n’ai pas eu de souci de ce côté-là ». Le protocole Mackie Control fonctionne correctement pour la navigation et le transport.
Avec Cubase en revanche, plusieurs problèmes émergent. Un utilisateur d’Audiofanzine partage une expérience frustrante : « Mon problème est le suivant, j’utilise cubase 11 pro […] dès que je l’utilise en tant que controleur mackie, sur la première piste l’enregistrement est toujours ‘armé’ impossible de l’enlever ». Autre souci : contrairement à d’autres contrôleurs, l’Oxygen Pro doit être branché AVANT de lancer Cubase, comme sur les anciennes versions du logiciel. Ça casse le workflow moderne.

L’avantage du système M-Audio par rapport aux concurrents : vous pouvez mixer dans un même preset du Mackie Control (pour le transport, les faders de pistes) et des CC customs (pour contrôler des plugins spécifiques). Cette flexibilité surpasse même certains contrôleurs plus chers qui vous obligent à choisir entre mode Mackie OU mode Custom.
Problème de latence sur les molettes : le défaut technique
Voici un point qui mérite d’être souligné car il impacte directement l’utilisation musicale : les molettes de pitch bend et de modulation présentent une latence. Un utilisateur français le confirme sans ambiguïté sur Audiofanzine : « De plus les molettes de pitchbend et modulation ont une latence, je n’ai jamais vu ça et c’est le dixième clavier midi que j’utilise depuis 2005 ».
Cette latence, même légère, se ressent lors de l’utilisation expressive. Quand vous tirez le pitch bend pour une montée dramatique sur un synthé lead, le délai entre le mouvement physique et la réponse sonore casse l’immersion. Pour certains styles musicaux où le pitch bend est central (synthwave, solos de synthé), c’est vraiment problématique.
Étrangement, ce problème n’apparaît pas sur tous les retours utilisateurs. Certains ne mentionnent aucune latence. Ça pourrait indiquer soit une variabilité entre les unités produites, soit une interaction spécifique avec certaines configurations informatiques. Dans tous les cas, c’est un point à vérifier si vous testez le clavier en magasin.
Support client M-Audio : le point noir
Soyons francs : le support technique M-Audio a une réputation désastreuse, et les retours d’utilisateurs français le confirment malheureusement. Un acheteur partage son expérience sur Audiofanzine : « Je l’ai rendu, le support m-audio est digne de sa réputation…il est inexistant, ils ont répondu à mon mail 2 semaines plus tard,(avec une réponse tout à fait inutile […]) c’est dommage car la gamme oxygen pro et hammer pro avait tout pour plaire, mais je ne donnerai plus un centime à ce type de constructeur non fiable et qui méprise leur clientèle ».
Autre témoignage d’un utilisateur français sur Thomann qui n’a jamais reçu son code d’enregistrement produit promis par le fabricant, l’empêchant d’accéder au support. De plus, le logiciel « M-Audio Oxygen Pro 61 Preset Editor » ne fonctionnait pas sur macOS Big Sur lors de sa sortie, obligeant l’utilisateur à garder un vieux MacBook juste pour configurer le clavier.
Les mises à jour de firmware et drivers sont rares et lentes à arriver. Si vous rencontrez un bug ou une incompatibilité, ne comptez pas sur une correction rapide. C’est un risque à prendre en compte, surtout si vous utilisez des configurations informatiques récentes ou des versions beta de DAW.
Ce support défaillant contraste fortement avec des marques comme Arturia ou Native Instruments qui proposent des mises à jour régulières et un SAV réactif. C’est probablement le compromis pour maintenir un prix compétitif.
La suite logicielle : un package généreux
M-Audio compense en partie ses faiblesses SAV avec un bundle logiciel très fourni qui ajoute une réelle valeur au package global.
Vous recevez d’abord deux DAW : Ableton Live Lite (version allégée mais fonctionnelle d’Ableton) et MPC Beats (logiciel de production orienté beatmaking style MPC). Pour un débutant, c’est parfait pour commencer immédiatement sans investissement logiciel supplémentaire.
La collection AIR Music Tech incluse est impressionnante : Hybrid 3 (synthé virtuel polyvalent), Velvet (piano électrique réaliste), Mini Grand (piano acoustique), DB-33 (orgue Hammond), Vacuum (synthé analogique vintage), BOOM (boîte à rythmes), TubeSynth, Electric et Bassline. Ces instruments se contrôlent parfaitement depuis l’Oxygen Pro avec mapping automatique.
Ajoutez à cela le choix d’un bundle Komplete 15 Select (Beats, Band ou Electronic), et vous disposez d’une palette sonore immense dès le déballage. Un utilisateur résume : « Avec les technologiesmart Chord et Smart Scale, Oxygen Pro 61 élimine tous les obstacles de votre production ».

Comparaison avec la concurrence directe
Sur le segment des claviers maîtres 61 touches autour de 200-250€, l’Oxygen Pro 61 affronte plusieurs rivaux sérieux.
Le Novation Launchkey 61 MK3 (maintenant MK4) se positionne comme concurrent direct. Un utilisateur ayant testé les deux donne son verdict : « En termes de build quality, launchkey est meilleur à mon avis. Les pads sont plus réactifs, mais petits. Les boutons dans le launchkey sont en caoutchouc et super silencieux ». Le Launchkey excelle particulièrement sur Ableton Live avec son intégration native poussée, mais il n’a pas d’aftertouch. Pour les utilisateurs Ableton purs, le Launchkey reste le choix logique.
L’Arturia KeyLab Essential 61 propose une construction plus premium et des pads de meilleure qualité, mais coûte généralement 50-100€ de plus. Il inclut aussi une excellente suite logicielle Arturia (Analog Lab, Ableton Live Lite). Si le budget le permet, c’est une alternative sérieuse avec un meilleur SAV.
Le Native Instruments Komplete Kontrol A61 offre l’intégration NKS ultime (logique, c’est leur technologie), des écrans OLED doubles et des touches Light Guide qui s’illuminent. Mais il coûte facilement 100-150€ de plus que l’Oxygen Pro et n’a pas autant de contrôleurs physiques (pas de faders notamment).
L’avantage compétitif de l’Oxygen Pro : le rapport fonctionnalités/prix. Aftertouch, NKS, 16 pads, 9 faders, Smart Chord/Scale, bundle logiciel généreux… tout ça pour 200-250€. Aucun concurrent n’offre autant à ce tarif.
Connectivité et alimentation : simplicité USB
Le M-Audio Oxygen Pro 61 adopte une approche minimaliste en connectivité. Un port USB assure à la fois l’alimentation et la transmission MIDI. Pas besoin d’adaptateur secteur, le clavier est totalement bus-powered. Pratique pour les setups nomades ou les studios encombrés.
Une sortie MIDI 5 broches traditionnelle permet de contrôler des synthés hardware ou modules externes. Appréciable pour ceux qui intègrent du matériel vintage dans leur workflow.
Entrée jack 6,35mm pour pédale de sustain (type piano). M-Audio vend séparément la pédale SP-2 qui fonctionne parfaitement avec l’Oxygen Pro, mais n’importe quelle pédale compatible devrait fonctionner.
Bouton d’alimentation On/Off sur le panneau arrière. Contrairement à certains contrôleurs qui s’allument dès qu’ils sont branchés, vous pouvez laisser l’Oxygen Pro connecté en permanence et simplement l’éteindre quand vous ne l’utilisez pas. Ça préserve les LED et prolonge la durée de vie.
Dimensions et poids : compact mais pas trop
Avec ses dimensions de 965 x 264 x 83 mm pour un poids de 4,8 kg, l’Oxygen Pro 61 reste relativement compact pour un clavier 61 touches full-size. Il trouve sa place sur un bureau standard sans monopoliser toute la surface.
La profondeur de 264 mm est particulièrement bien optimisée. Certains contrôleurs 61 touches dépassent les 300 mm de profondeur, ce qui devient problématique sur des bureaux peu profonds. L’Oxygen Pro garde de la place devant le clavier pour poser des documents ou du petit matériel.
Le poids de 4,8 kg le rend transportable pour des sessions studio chez des collaborateurs, mais il reste assez lourd pour un transport quotidien en transports en commun. Prévoyez une housse ou un flight case adapté si vous comptez le bouger régulièrement.
Construction en plastique robuste qui inspire une certaine confiance. Ce n’est pas du métal comme sur des claviers haut de gamme, mais ça ne fait pas cheap non plus. Les utilisateurs ne rapportent pas de problèmes de solidité après plusieurs mois d’utilisation intensive en studio.
Mon verdict après utilisation prolongée
Le M-Audio Oxygen Pro 61 est un contrôleur paradoxal : excellent sur certains points essentiels, décevant sur d’autres aspects qu’on n’attendrait pas à ce niveau.
Ses vrais points forts : le clavier PrecisionTouch avec aftertouch à ce prix, l’intégration NKS qui le rend immédiatement opérationnel avec l’écosystème Native Instruments, les modes Smart Chord et Smart Scale bluffants d’efficacité, la suite logicielle généreuse, et surtout ce rapport fonctionnalités/prix imbattable sur le segment.
Ses faiblesses à connaître : pads peu sensibles qui limitent le finger drumming, latence possible sur les molettes (à vérifier), boutons cliquetants qui cassent l’impression premium, et surtout un support client M-Audio catastrophique qui peut vous laisser seul en cas de problème technique.
Pour qui ce clavier ? Les producteurs qui cherchent un contrôleur complet pour la production en studio, qui utilisent beaucoup de plugins NKS, qui apprécient l’aftertouch pour des leads expressifs, et qui ne comptent pas faire du finger drumming intensif. Idéal aussi pour les utilisateurs d’Ableton Live ou Logic Pro grâce au bon auto-mapping.
À éviter si : vous êtes un beatmaker qui mise tout sur les pads (prenez plutôt un Akai MPK261), si vous avez besoin d’un SAV réactif, si vous utilisez principalement Cubase (bugs rapportés), ou si vous cherchez la qualité de construction ultime (regardez plutôt chez Arturia ou Native Instruments).




Questions fréquentes sur le M-Audio Oxygen Pro 61
L’aftertouch fonctionne-t-il vraiment bien à ce prix ?
Oui, l’aftertouch est présent et fonctionnel, ce qui reste exceptionnel sur un clavier à moins de 300€. Par contre, plusieurs utilisateurs confirment qu’il faut appuyer assez fort pour l’activer. Il n’est pas aussi sensible et progressif que sur des claviers professionnels à 500€+, mais il fonctionne correctement pour ajouter du vibrato, des variations de filtre ou de volume sur des notes tenues. C’est un vrai plus créatif même s’il demande un peu de pratique pour le maîtriser.
Peut-on vraiment faire du finger drumming avec les pads ?
Techniquement oui, mais ce n’est pas le point fort de l’Oxygen Pro 61. Plusieurs utilisateurs français soulignent que les pads manquent de sensibilité et nécessitent une frappe assez appuyée pour se déclencher. Ils conviennent pour lancer des clips, déclencher des samples ponctuellement ou créer des patterns en mode Note Repeat, mais pour du finger drumming rapide et expressif style hip-hop, les pads Akai MPC ou même du Novation Launchkey sont nettement supérieurs. Certains utilisateurs ont même recours à l’astuce du scotch électrique entre capteurs et pads pour améliorer la réactivité.
Le clavier fonctionne-t-il bien avec Logic Pro ?
Oui, l’intégration Logic Pro est généralement très bonne d’après les retours utilisateurs français. Le clavier est pré-configuré pour Logic avec mapping automatique via le protocole Mackie Control. Les faders contrôlent les volumes de pistes, les boutons transport fonctionnent directement, et la navigation se fait naturellement. Un utilisateur confirme n’avoir eu « aucun souci de ce côté-là ». C’est l’une des DAW les mieux supportées par l’Oxygen Pro 61 avec Ableton Live.
Y a-t-il vraiment un problème de latence sur les molettes ?
Certains utilisateurs rapportent effectivement une latence sur les molettes de pitch bend et modulation, ce qui est inhabituel sur un contrôleur MIDI. Un utilisateur français indique n’avoir « jamais vu ça » sur ses dix claviers MIDI précédents. Cependant, ce problème n’apparaît pas dans tous les retours, ce qui suggère soit une variabilité entre unités, soit une interaction avec certaines configurations. Si vous achetez en magasin, testez impérativement les molettes avant de valider votre achat.
L’intégration NKS avec Komplete 15 Select vaut-elle vraiment le coup ?
Absolument, c’est l’un des meilleurs arguments de l’Oxygen Pro depuis 2025. L’intégration NKS permet un mapping automatique instantané avec tous les plugins Native Instruments : Kontakt, Massive, Battery, etc. Les contrôleurs s’assignent automatiquement aux paramètres pertinents, et l’écran OLED affiche les noms des paramètres. De plus, choisir entre les trois bundles Komplete 15 Select (Beats, Band ou Electronic) ajoute facilement 100€+ de valeur au package. Pour les utilisateurs de l’écosystème NI, c’est un game-changer qui place l’Oxygen Pro en concurrence directe avec le Komplete Kontrol A61 mais à prix inférieur.
Le support M-Audio est-il aussi mauvais qu’on le dit ?
Malheureusement, les retours d’utilisateurs français confirment une réputation désastreuse. Délais de réponse de plusieurs semaines, réponses inadaptées qui montrent que le mail n’a pas été lu, codes d’enregistrement produit jamais reçus, logiciels non compatibles avec les nouveaux OS sans mise à jour… Un utilisateur va jusqu’à dire qu’il ne donnera « plus un centime à ce type de constructeur ». C’est le prix à payer pour le tarif compétitif. Si un SAV réactif est prioritaire pour vous, orientez-vous plutôt vers Arturia ou Native Instruments qui ont meilleure réputation sur ce point.
Vaut-il mieux prendre l’Oxygen Pro 61 ou le Novation Launchkey 61 ?
Ça dépend vraiment de votre utilisation. Le Novation Launchkey offre une meilleure qualité de construction, des pads plus réactifs (bien que plus petits), et des boutons silencieux en caoutchouc. Il excelle particulièrement sur Ableton Live avec une intégration native exceptionnelle. PAR CONTRE, il n’a pas d’aftertouch. L’Oxygen Pro apporte l’aftertouch, plus de faders (9 vs disposition différente chez Novation), l’intégration NKS et les modes Smart Chord/Scale. Si vous êtes utilisateur Ableton pur sans besoin d’aftertouch : Launchkey. Si vous voulez plus de fonctionnalités créatives et l’aftertouch : Oxygen Pro 61.
Les 61 touches suffisent-elles vraiment pour la production ?
Pour la grande majorité des producteurs modernes, oui. Les 61 touches couvrent 5 octaves, ce qui permet de jouer confortablement des parties de piano, des nappes de cordes, ou des lignes de basse sans transposer constamment. Un utilisateur confirme : « J’aime les 61 touches. Mon Yamaha a 88 ce qui est bien pour le travail classique mais je n’ai jamais utilisé la plupart d’entre elles en composant mes propres morceaux ». Les 88 touches sont nécessaires pour du piano classique ou du jeu à deux mains complexe, mais en production électronique, hip-hop, pop ou EDM, 61 touches représentent le sweet spot parfait entre jouabilité et encombrement.

